L’ASM Omnisports accompagne les jeunes dans leur chemin de vie

Nouveau membre du club, l’Association Sportive Montferrandaise Omnisports est bien plus qu’un club de rugby et va bien plus loin que le sport. Installé au cœur du quartier clermontois de La Gauthière, l’ASM mobilise plus de 5 000 licenciés dans 15 disciplines différentes. Théâtre des « Mêlées de la diversité » en octobre 2015 dans le cadre de la 3ème Semaine de la diversité, son Président Pascal Thibault a profité d’une intervention au sein du Conseil d’administration du club pour rappeler le formidable élan qui anime l’action sociétale de l’ASM et a signé la Charte de la diversité en entreprise.

Le Président de l’ASM Omnisports, Pascal Thibault, rappelle que le club ne s’arrête pas à la pratique du rugby. Dans les années 2000, le choix a été fait de basculer cette section dans le professionnalisme, la loi obligeant à distinguer la structure professionnelle. Aujourd’hui, l’ASM Clermont Auvergne est statutairement une filiale de l’ASM Omnisports, « maison mère » du club professionnel de rugby. L’ASMO est un club omnisports comptant 15 disciplines et 5000 licenciés.

3 programmes : Elite, Vitalité et Avenir jeunesse

A son origine en 1911, son créateur Marcel Michelin (25 ans) édicte 3 principaux objectifs : promouvoir la politique sportive ouverte au plus grand nombre, participer aux compétitions nationales et internationales (source de motivation), diffuser la pratique de la manière la plus large et longue possible. Aujourd’hui, ces objectifs sont déclinés à travers 3 programmes : « Sport élite » (compétition), « Vitalité » (activité physique et santé) et « Sport avenir jeunesse » (accompagnement socioprofessionnel). Ce dernier part du constat de l’effet pacificateur du sport dans le quartier, avec le pilotage de la section lutte et son président Karim Saïb. Le sport fait partie intégrante de la vie et doit être valorisée à sa juste valeur. Invité au Cercle des entreprises centenaires à Paris, il relate l’histoire de cette femme d’origine asiatique arrivée en France sans parler le français qui, grâce à la pratique du ping pong, s’est intégrée dans la société au point de devenir DRH d’une entreprise centenaire dans le Nord, parlant parfaitement la langue. C’est ce à quoi l’ASMO espère arriver en conduisant ce projet.

Une approche globalisante et innovante d’accompagnement des jeunes dans leur chemin de vie

Jean-Pierre Roussel (vice-président de l’ASM, section lutte) poursuit en définissant le sport comme un moyen de gagner en estime de soi et de s’épanouir. Il permet d’ouvrir la jeunesse au monde et à son environnement. Pour accompagner les jeunes sportifs dans leur chemin de vie, l’ASMO s’appuie sur des partenaires dans plusieurs domaines. La T2C (transports en commun clermontois) a créé une ligne spéciale avec un éducateur qui accompagne les sportifs dans leurs trajets. Le CDAD (centre d’accès au droit) a monté avec les jeunes des scenarii de procès et d’incivilités pour sensibiliser au fonctionnement de la justice et au respect d’autrui. Des classes aménagées pour les sportifs ont été créées en 4ème au collège La Charme à Croix de Neyrat, avec une participation éducative de la section lutte aux conseils de classes. Un partenariat est également noué avec l’Institut des métiers pour faire découvrir les métiers, faire visiter le centre de formation. Le CIRFA (armée) a récemment enrôlé 2 lutteurs ; nous avons également des relations régulières avec le SDIS (pompiers), notamment une action de formation aux pompiers volontaires. Nous collaborons aussi avec les bailleurs sociaux pour capter les jeunes au pied de l’immeuble pour les amener à la pratique sportive. Nous proposons aussi la pratique de la lutte dans les IME (institut médico-éducatif) de Pompignat, Theix et Les Ulis. Avec l’ESPE (ex-IUFM), nous menons une étude statistique pour qualifier l’accompagnement effectué. A ce jour, les résultats sont encourageants et montrent que l’accompagnement permet de concerner les jeunes dans un projet de vie. Nous espérons par capillarité pouvoir aller dans plus d’écoles pour les accompagner.

Fort de cette conviction que le sport est catalyseur, nous avons déposé mi-novembre un dossier de financement auprès du Fonds européen s’appuyant sur cette approche globalisante et innovante d’accompagnement des jeunes dans leur chemin de vie. La lutte, ce sport amateur qui n’est pas pollué par l’argent, comme dans la boxe de haut niveau. Il n’est pas aussi violent, en tous cas dans son aboutissement mais tout aussi exigeant et il peut être pratiqué sans grand moyen (un tapis). Le film documentaire « Les grands hommes », primé lors du festival Traces de vies 2015, relate la vie de la section lutte asémiste durant un an, avec un regard attentif sur les éducateurs et les jeunes lutteurs.

Yann KAPPES